chroniques d'un art de vivre

astuces minimalistes, réflexions, management humaniste, développement duable, récits d’une vie passionnée.

Comment survivre dans une ville hors de prix avec une passion pour l’électronique et un compte en banque qui fait la grimace.

 

Vivre à Paris avec une retraite ras des pâquerettes, c’est un peu comme vouloir faire du ski nautique avec une planche à repasser : techniquement possible, mais faut s’accrocher.

Et quand, en plus, on est passionné de gadgets électroniques, d’ordinateurs, de smartphones et autres bidules lumineux qui font bip-bip, ça devient carrément un sport de haut niveau.

 

Je précise tout de suite : je ne suis pas du genre à passer mes journées à tuer des zombies virtuels ou à collectionner des skins de fusils pixelisés. Non, les jeux où l’on s’amuse à exterminer son prochain me laissent perplexe.

Ce qui m’intéresse, c’est comprendre, découvrir, apprendre. J’ai toujours été fasciné par la technologie, pas pour frimer, mais pour explorer.

J’ai été parmi les premiers à utiliser une liseuse électronique (ah, la Sony Librie… une romance technologique), à tester les tablettes (projet Origami de Microsoft) avant qu’Apple ne nous fasse croire qu'ils les ont inventées, à commenter des appareils (le Sony Ericsson R380, une révolution !) sur des forums obscurs juste pour le plaisir de partager.

Et c’est sans doute pour ça que je suis aujourd’hui une cigale sans le sou. J’ai chanté, cliqué, téléchargé, mis à jour… et voilà. Mais même avec une retraite qui fait le bruit d’un ticket de métro froissé, je refuse de renoncer à ma passion.

 

Alors, comment fait-on pour assouvir sa soif de technologie quand on n’a plus les moyens de s’offrir le dernier smartphone à quatre objectifs et reconnaissance faciale par clignement d’oreille ?

On devient rusé. On devient stratège. On devient… chineur numérique.

 

Première astuce : le recyclé.

Amazon propose un programme d’occasion plutôt bien fichu. Il faut fouiller un peu (sous le bouton d’achat, là où se cachent les trésors), mais on peut tomber sur des offres en “très bon état” qui valent vraiment le coup. Un câble manquant, une rayure invisible, et hop, 100 euros de moins, voire plus. Et si ça ne vous plaît pas, retour sous 30 jours. Pas mal pour une plateforme qui vend aussi des chaussettes licorne.

Et puis, il y a le paiement en 4 fois. À manier avec précaution, comme un sabre laser sans mode d’emploi. Mais bien utilisé (un achat tous les 4 mois, pas deux en même temps), c’est une bouée de sauvetage pour les geeks à budget serré.

 

Deuxième astuce : AliExpress.

Le temple Chinois du gadget improbable. On y trouve tout, du coupe-ongles connecté à la lampe de bureau qui fait aussi réveil, haut-parleur et machine à café (j’exagère à peine). Les prix sont souvent imbattables, surtout sur les petits objets du quotidien. La livraison ? Oui, il faut être patient. On est loin du “livré demain avant 8h avec un sourire”. Mais quand on n’a pas les moyens, on apprend à savourer l’attente.

Attention toutefois : pour l’électronique un peu sérieuse, les prix sont parfois identiques à ceux d’Amazon. Dans ce cas, autant acheter en local.

Mais pour le reste, c’est une mine d’or. Et souvent, la livraison est gratuite. Ce qui, à Paris, est aussi rare qu’un sourire dans le métro à 8h du matin.

 

Pourquoi je me donne tout ce mal pour équiper mon appartement ?

Parce que vivre avec peu ne veut pas dire vivre mal. Un intérieur confortable, bien pensé, avec des objets utiles et plaisants, ça change tout. Ça évite de sombrer dans la grisaille. Ça donne envie de se lever le matin. Et quand on vit avec une retraite qui fait des claquettes sur le fil du découvert, c’est essentiel.

Je ne suis pas sur les réseaux sociaux. Pas de TikTok, pas de LinkedIn (effacé avec joie), pas de selfies en train de manger des avocats bio.

Mon empreinte carbone n’est pas parfaite, mais au moins je ne pollue pas en scrollant des vidéos de gens qui dansent en pyjama ou de petits chats tous mignons qui font des galipettes. Et ça, c’est déjà ça.

 

Ce que j’aime dans les gadgets, ce n’est pas leur prix, ni leur design.

C’est ce qu’ils m’apprennent. C’est le plaisir de comprendre comment ça marche, de découvrir une nouvelle interface, de tester une fonction inconnue.

C’est une forme de voyage, sans billet d’avion. Une exploration, sans valise. Et ça, même avec une retraite minuscule, je refuse d’y renoncer.

Et puis, quand j'en ai fini, quand le gadget suivant remplace le précédent (j'ai mon propre programme d'obsolecense programmée à ma sauce), je le donne. À des connaissances, des associations.

Oui, je les donne, je ne les vends pas.

Ça me conforte dans mon costume de cigale, mais au moins ça aide quelqu'un qui en a besoin et qui ne pourrait certainement pas se l'offrir.

 

Et la bouffe dans tout ça ?

Ah, la nourriture. Sujet sensible. Mais je vous rassure : je ne fais pas les poubelles après les marchés. J’ai mes astuces pour manger à petit prix, sans sacrifier la qualité ni la dignité.

Mais ça, ce sera pour une autre fois. Un autre billet. Une autre tranche de vie.

 

Vivre à Paris avec une retraite riquiqui, c’est un défi.

Mais c’est aussi une aventure. Une occasion de réinventer sa façon de consommer, de vivre, de rêver. Je ne suis pas riche, mais je suis curieux. Je ne suis pas à la mode, mais je suis bien chez moi. Et surtout, je continue à apprendre, à découvrir, à m’émerveiller.

Parce qu’une cigale, même fauchée, continue à chanter. Et parfois, elle chante plus juste que toutes les fourmis du quartier.

À bientôt pour d’autres astuces de survie urbaine.